JH cherche JF pour meubler grand cœur tout vide

Pour la présentation de mon premier texte, je replonge directement dans mes jeunes années puisque j’ai écrit celui-ci durant mes années d’université. On sent cette fougue de la jeunesse nourrie au Renaud Séchan sous intraveineuse. On ressent cette fragilité d’écriture qui me fait tomber dans quelques écueils qui me font sourire aujourd’hui. Et pourtant, ce texte me touche particulièrement parmi ceux que j’ai écrit. Il est à cent lieues de la neutralité effrayantes de certaines lectures, provoquant dans sa sexualité, tendre dans ses rêves d’enfant, réaliste dans sa condition humaine. Ce sont mes thèmes de prédilection et j’y reviens sans cesse.

 

C’est horrible, ça résonne, c’est aseptisé et pourtant pas tout blanc. Y a rien pour s’asseoir, se reposer et par terre, c’est crade. On peut hurler, ça ne change rien à part qu’on devient sourd. Tu peux venir garer tes meubles chez moi, je ne vais pas te laisser sans toit avec ce temps de chien. Il ne fait pas plus beau à l’intérieur mais au moins t’es à l’abri, et moi, ça me fait de la compagnie. C’est quoi ? Ton tiroir à soutifs ? Je ne mate pas, je suis curieux, nuance. Il t’en faut c’est vrai mais ici tu t’en fous, tu peux te mettre à l’aise. La malle à maquillage, je la mets dans la salle de bain. Je ne t’y dérangerai pas à part un coup d’œil sous la douche pour voir si tout va bien. Dans la chambre, tu peux prendre toute la penderie. De toutes façons, j’ai que quelques fringues froissées qui se battent en duel. Pour le pieux, tu prends le côté qui te plaît…ou je vais sur le canap’ mais c’est con, le lit, il a jamais servi. Alors, on partage ? Pour le frigo, je le remplirai de tout ce qu’il te plaît…Euh, c’est quoi des « légumes » ? Les tapis un peu flashis, je ne dis pas que je n’aime pas mais je n’ai pas l’habitude. Bon, au moins, ça cache les tâches. Avec la téloche tu seras pas emmerdé, je ne suis pas un psycho du ballon rond à part deux mais ceux-là j’ai pas besoin de les voir sur un écran. Si le bruit te dérange, no ‘blème, j’apprends à lire sur les lèvres ou je mate du ricain violent, y a rien à piger. C’est vrai, question hygiène, ça craint un peu ici mais avec un peu de temps je serais une vrai fée du logis, une gonzesse mais pas pour tout, je te rassure. En dessous le tablier à petits cœurs se cache un petit mec qui en bave quand tu fais jouer tes hanches de princesse d’HLM. Quand tu reviendras le soir, j’aurai tout rangé, nettoyé, ramassé tes petites culottes (j’te les rends, ne t’inquiètes pas !). Si t’as de la marmaille, dis-leur de se ramener, ça comblera les manques dans mon appart’, surtout s’ils me ressemblent. J’apprendrai à tes gamins à se procurer au moins un petit studio, aux fillettes d’avoir du goût dans l’ameublement. Ce sera le merdier, ça courra partout, ça gueulera de nouveau, mais pas de désespoir, ça sera vivant. C’est quand même fou ce que ça change d’avoir une femme entre les quatre murs de son chez soi.

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Gaelle Cathy |
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