Les Chants de Maldoreille

Ne me jugez pas, j’étais jeune… Voilà le début d’un roman que j’avais commencé au lycée, une sorte de fièvre qui m’avait pris lorsque j’avais lu Rabelais. Je rêvais de faire quelque chose d’aussi absurde et critique socialement parlant. J’ai relu en me demandant si je devais vous faire part de ce texte car… c’est mauvais. C’est un texte empli de jeux de mots (ou maux dans ce cas) assez mauvais. D’ailleurs, ne me demandez pas, il y en a certains que je ne comprends même plus. L’histoire est mal amenée et je ne parle même pas des tournures de phrases. Et pourtant, il faut bien commencer quelque part. Écrire, c’est d’abord ne pas savoir écrire, ne pas savoir où l’on va et laisser parler le cœur même si on ne maîtrise rien. Bref, mes débuts.

 

Episode I: Faire chanter les Veaux

     Il était une fois…C’est curieux ça, pourquoi une fois ? Après tout, je ne vous raconte qu’une fois cette histoire mais vous pouvez lire ce récit plusieurs fois (si vous le faites, cher lecteur écervelé, c’est que vous méritez le titre de fêlé de l’année !) et puis chacun d’entre vous s’imagine un univers particulier, ce qui recrée une multitude de fois la pluralité de ces nombreux récits (je sais, ça file les foies !). Enfin bref, il était des fois un vil magicien nommé Starac. Il aimait à se moquer des gens et chaque année, il organisait un concours de chant où devait se retrouver toutes les plus belles voix des Veaux (oui, ils étaient les habitants de la ville de Veal).Bien entendu, ils se faisaient avoir car Starac choisissait toujours des Veaux aux corps bien faits mais aux cordes vocales toutes emmêlées. Les spectateurs n’étaient pas très intelligents car, plutôt de les écouter, ils s’extasiaient devant l’aspect de celle-ci ou la coupe de cheveux de celui-là. Cela encore n’était pas très grave, mais le mauvais Starac avait aussi un plan pour détrousser les pauvres Veaux. En effet, il n’y avait pas de juré mélomane pour éliminer les concurrents (non, ils ne courent pas Johnny) sinon la supercherie aurait été vite découverte alors c’était le peuple qui votait. Starac le fourbe avait décrété que chaque vote était payant. Cela coûtait un Heureux quatre-vingt environ. Oui, la monnaie des Veaux était l’Heureux car ils étaient toujours très contents de payer pour des bêtises.

Un jour, Starac fut bien embêté. A force de profiter de la poule aux Heureux d’or, il commençait à être à court de mauvais chanteurs. Pour sauver son concours et faire des Heureux (toujours la monnaie), il devait sortir de la ville de Veal et aller aux confins du monde. Le Royaume des Veaux s’appelait Latélée. Ils étaient très nombreux à y vivre. On disait d’ailleurs que cela faisait longtemps que l’on n’avait pas vu autant de Veaux à Latélée.

Starac s’équipa donc pour son long et périlleux voyage. Il se munit donc de son bâton de mage, Lazapette, qui lui permettait de se téléporter n’importe où dans Latélée. C’était le plus grand trésor de ce pays. Quoi ! Comment pouvez-vous ne pas connaître son histoire ? Des générations de Veaux l’ont entendu, même les tartuffes venus voler de l’argent aux gens de cette cité en se faisant passer pour des membres de la communauté. N’ayez crainte, Starac les avaient chassés en les pointant du doigt et en criant : « Ce sont les faux des Veaux! ». Après tout, la religion, ce n’est pas vendeur mais revenons à nos moutons ou plutôt à nos Veaux, c’est comme vous voulez cher petit lecteur. Que puis-je faire à part vous raconter « la fabuleuse aventure de Lazapette et de la chaîne d’Arté » ?

Au centre de Latélée se trouve la chaîne de montagne d’Arté. Pourquoi y avait-il une montagne ici ? J’en sais rien, peut-être que quelqu’un l’a voulu comme ça parce que ça faisait jolie. Et vous, vous savez pourquoi le ciel est bleu ? Téléspec le tateur, un grand héros du monde des Veaux avait gravi Arté et trouva une grotte. A l’intérieur vivait un ermite du nom de Bernard. Téléspec était curieux :

« _ Dites-moi mon brave Bernard l’ermite, que faites-vous ici, à vivre seul au fond de votre coquille?

_ J’écoute la mer bien entendu !

_ Alors, votre maman vous accompagne ?

_ Non, j’écoute l’océan.

_ L’océan ? A la montagne ?

_ Oui car pour entendre la mer il faut du ressac et ici, au milieu des rochers, l’idée de la mer est un peu vague.

_ Mais votre sagesse est sans fin !

_ Non, parfois, je mange tout de même. Mais je suis aussi ici pour garder Lazapette de Latélée. Imaginez un bâton capable de vous emmener n’importe où, où vous voulez.

_ C’est un outil extraordinaire mais ne l’avez-vous jamais utilisé ?

_ Oh si, quelques fois je changeai de chaîne !

_ Oui, je vois…Accepteriez-vous de me le céder ?

_ Pour l’obtenir, il vous faudra passer une grande épreuve : celle de la rétrospective sur Jean-Luc Godard!!!

_ Cela semble terrifiant !

_ Ca dure quatre heures !

_ Mon Dieu ! Je relèverai ce défi même si je dois mourir d’ennui. »

Et effectivement, il mourut d’ennui. Le second qui essaya fut Starac qui réussit bien que l’on dit qu’il y échappa en échangeant Lazapette contre un paquet de pomme-chips et une revue olé-olé. Mais quand il voulut l’utiliser, rien ne se passa. Plus de piles ! Il fut contraint de redescendre à pied, non sans avoir fait au préalable une tête au carré au gardien que l’on appelle depuis : Bernard, l’air mité. Starac, depuis ce jour, emmène toujours avec lui dans sa besace des piles achetées au magasin des aventuriers Dur à selle ainsi qu’une batte de base-ball pour éviter de s’abîmer les mains.

Bien d’autres objets fantastiques l’accompagneront au cours de son voyage : le Manuel du pillage des gogos pour les nuls ainsi qu’une boîte de cachous et l’indispensable guide Michelin de Latélée. Il partit donc vers le soleil levant, maudissant le jour naissant et les robes de mage pas très viriles.

 

Episode II: Comment s’arranger d’un Maldoreille ou d’une Otite

     Starac devait, comme nous l’avons dit précédemment, devait… se rendre aux confins de Latélée (suivez un peu, s’il vous plaît!). Il sortit de la ville à pied car il l’avait déjà fait à main mais cela lui faisait extrêmement mal à la tête et au bout du compte, ses mains sentaient les pieds ! Pourquoi à pied alors qu’il pouvait rester avachi dans son fauteuil une 1664 à la main en se grattant aux endroits contre-indiqués et en se servant de Lazapette, me direz-vous ? Et les confins du monde ? Savez-vous où cela se trouve, hein, les confins du monde ? Et bien, c’est vraiment très loin. Et puis, comment voulez-vous faire des rencontres sans jamais mettre un pied devant l’autre ? (alors qu’en fait, ils sont l’un à côté de l’autre ! N’essayez pas d’aligner vos pas, vous auriez l’air ridicule).

Les rencontres sont des choses difficiles à appréhender. Starac le savait bien, lui qui avait essayé l’agence matrimoniale de monsieur Matchpoint-Come. Il avait ce jour-là bien compris la différence entre une rencontre hasardeuse et une rencontre de fortune. Comment ça ? Cher lecteur illettré, ne connaissez-vous pas la femme de Starac, la cupide ex-mademoiselle Jaques-Noir (elle était anglaise) ? Disons que celle-ci a un facheux penchant pour les paris stupides, qu’elle perd bien entendu à chaque fois. Tous deux s’étaient connus grâce à l’agence précédemment nommée. Je ne dirai jamais le mot symbolisant l’union de deux êtres par des liens moins sacrés que pécuniaires car cela rappelle de très mauvais souvenirs à notre magicien mesquin. Lui qui s’était juré de ne jamais s’unir à une Veaux, il disait souvent qu’il avait épousé une grosse vache. Cela rendait sa peine moins intense. Bref, il avait donc hérité d’une bague au doigt, d’une corde au cou et d’une mise en faillite. D’ailleurs, son beau-père était très heureux le jour du … :

« _ Vous savez, c’est le plus beau jour de ma vie !

_ Ah bon ? Ce n’était pas le jour de sa naissance ?

_ Non… Ca, c’était le pire… ».

C’est pourquoi un voyage à pied était d’autant plus profitable. Pendant des semaines, il ne verrait plus sa mal-aimée et, ça, c’était un soulagement, aussi bien pour son humeur que pour son porte-monnaie.

Il partit donc sur les chemins avec le cœur joyeux (pour la première fois) et profitait de mettre une trempe à chaque fois qu’un habitant lui souhaitait bon voyage. Ah ! Il les aimait ses idiots ! Chez les Veaux, on appelait ça l’amour vache. Au bout d’une heure et demi de marche et d’une bonne centaine de taquets bien placés, il arriva dans la campagne de Veal. C’était un lieu très réglementé. Selon la loi, « Tout homme voulant cultiver sa terre doit en devenir propriétaire ». Il fallait donc acheter son carré de terre au gouvernement et ainsi être propriétaire de sa propriété. La terre étant une richesse, cela se résumait à donner tout son argent pour être riche. Cela contribuait à l’équilibre des rangs sociaux : les paysans nageant dans la boue et les citadins dans leurs gros billets. Néanmoins, il se produisit un fait étrange puisque énormément de gens voulaient des terres cultivables. En effet, ils commencèrent à s’acheter les uns les autres des terrains car ils ne faisaient pas assez de blé avec leurs jardinets qui ne mesuraient pas plus de cinquante centimètres de côté. Ils devinrent agressifs et essayaient d’acheter de force (méthode classique : on casse des genoux, on déboîte des doigts, on chante du Dorothée,…). Il y avait un tel souk qu’on finit par les appeler Lectorals car on dit qu’il n’y a jamais autant de bazar que dans une campagne lectorale.

Justement, Starac tomba sur un de ces pseudo-propriétaires, une espèce d’être petit et rond, sans chaussure, des pieds poilus, habillé de guenilles poussiéreuses (ces pauvres n’ont aucun goût). Mais surtout, ce qui choquait dans cette personne, hormis le fait qu’il louchait et que ses cheveux se comptaient sur les doigts de la main (même pas des deux, c’est dire), c’était ses deux énormes protubérances rouges qui se profilaient de part et d’autre de sa tête (j’ose à peine utiliser le terme d’oreille). Dans sa physionomie, cette pauvre chose était la preuve de l’inexistence de Dieu ou tout du moins qu’au moment de sa conception, l’éternel était parti en descendre une avec sa copine la fée parce que ni l’un ni l’autre ne s’était penché sur lui (ou alors pour vomir dans le meilleur des cas). Starac se disait qu’il devait être issu de quelques générations de mariages consanguins, ce qui l’exaspérait profondément. Non seulement ces gens étaient arriérés mais en plus, ils s’étaient mariés ! Mais ce qui pouvait le rendre encore plus désagréable à ses yeux, c’était l’honnêteté et la tendresse du cœur de cette chose qui n’intéresse nulle femme si ces qualités ne sont suivies par des abdominaux bien rebondis. Celui-ci n’était qu’un désert affectif où personne ne voulait mettre son eau. Mais alors, me direz-vous, chers lecteurs dénués de logique, qu’est-ce qui poussait Starac à rester admirer un idiot congénital ?

Sa voix, bien évidemment. Tout en labourant sa terre, il labourait les étiquettes de notre mage rabougri. Il chantonnait cet air qui faisait un malheur (dans tous les sens du terme) chez les Lectorals: « que je sème ». Quelle pureté ! On aurait dit le son d’une perceuse faisant un trou dans une ardoise ! Les maux de tête venaient comme par miracle et aucun neurone ne pouvait survivre à une telle mélodie. Starac le stoppa net d’une pierre en plein sur le crâne :

« _ Oh là, cher déchet de l’humanité ambulant !

_ Oh…Oh, la, la !

_ Dites donc, vous avez la tête dure ! J’ai dit : Oh là !

_ Bien le bonjour, monseigneur lanceur !

_ Je n’ai pas pu m’empêcher de vous entendre beugler comme le Veau que vous êtes et…

_ Ce n’est pas une raison pour me jeter des pierres !

_ Allons, allons…Vous êtes du genre solide, une belle tête de Veaux !

_ Oui, bon, bref, Qu’est-ce que c’est-y que vous me voulez ?

_ Malgré votre physique à faire fuir les graines que vous semez, je vous veux dans mon concours de chant.

_ Nan, peux pas !

_ Comment cela ? Un effort, voyons, ça ne se passe pas loin d’ici.

_ Je peux pas bouger d’ici !

_ Mais pourquoi donc ?

_J’attends ma sœur.

_C’est pas vrai ! Ils sont plusieurs ! Puis-je connaître votre nom ?

_ Oui, vous pouvez.

_ Euh, quel est-il ?

_ Je suis Maldoreille, quinzième du nom. Mon père s’appelait comme ça, ainsi que mon grand-père, mon arrière-grand-père, mon arrière-arrière…

_ Oui, bon, vous n’allez pas nous faire la généalogie d’un chêne bicentenaire ?

_ Hein ?

_ En plus, il est dur de la feuille. »

Voilà qui est une rencontre de fortune. « Sur cette pierre, je bâtirais mon église », pensa Starac. « C’est une révélation (et pourquoi pas l’apocalypse) de la chanson ».

« _ Maldoreille, quand pensez-vous revoir votre sœur ?

_ Otite ? J’en sais rien, ça fait deux ans qu’elle est partie faire les courses.

_ Mais…sombre engeance de la médiocrité, ne comprenez-vous pas qu’elle vous a laissé choir, vous et votre champ insignifiant ?

_ Oh…Vous croyez ? Oh ! Attendez qu’elle soit de retour, vous allez voir ce que vous allez voir !

_ Mais elle ne reviendra pas !

_ Bah alors, qu’est-ce que je peux faire, moi ?

_ Qu’est-ce que j’en sais ? Ce ne sont pas mes oignons et de toutes manières, j’aime pas les légumes.

_ A l’heure qu’il est, elle a dû se marier avec un margoulin ou pire, un Lectoral !

_ Marier ? Il faut la retrouver, vite !

_ Mais, j’ai jamais voyagé, moi ! Comment on fait ?

_ Débrouillez-vous, mon vieux !

_ Vous pourriez me guider ?

_ Ah non ! Il faut déjà que je me supporte moi-même !

_ Ecoutez, je ferai la tambouille ; je vous aiderai dans vos magouilles ; si vous êtes sale, je vous débarbouille…

_ Un instant ! »

Starac se retourna et fouilla dans son sac pour en sortir le fabuleux manuel « Comment escroquer les pigeons pour les nuls ». Il feuilleta rapidement quelques pages et eut un sourire carnassier (son rictus de d’habitude, en quelque sorte).

« _ Accepteriez-vous d’être mon assistant ?

_ J’avouons que je sais pas trop…

_ Vous devenez mon assistant et en échange vous voyagerez avec moi dans des contrées arides, des forêts vierges remplies de cannibales. Nous traverserons même l’effrayante Directuite , d’une pauvreté sans nom.

_ Ben…j’accepte.

_ Bien, voilà mon sac, tu feras gaffe, il est lourd. Surtout tu m’appelles Maître et surtout, tu ne parles pas lorsque je réfléchis.

_ Mais, à quel moment de la journée méditez-vous ? »

Maldoreille reçoit un soufflet.

« Tout le temps… J’ai compris, Maître. »

Nos deux amis partirent donc vers le coucher du soleil, aussi inséparables que la justice et la criminalité ou la biscotte et le beurre. Deux êtres étranges : l’un, grand, maigre et mélomane ; l’autre, petit, dodu et naïf, lancés dans une quête pathétique et sans fin.

 

Episode III: Pourquoi les narrateurs ne naissent pas libres en égo

     Et donc nos deux aventuriers (qu’est-ce qu’il ne faut pas entendre) marchaient, marchaient, marchaient (de toutes façons, qui est-ce que ça intéresse ?). Et allons-y pour les descriptions sans intérêt et sur les jeux de mots débiles. Pourquoi continuerai-je à m’enquiquiner avec des personnages surréalistes au possible et une histoire poussive où il ne se passe aucun fait glorieux ? Hein ? Je vous le demande ! Suis-je destiné à être un narrateur de seconde zone ? D’ailleurs, suis-je un narrateur ou une narratrice ? Je parie que vous ne vous posez même pas la question ? Je pourrais avoir le physique d’une star pornographique que cela ne vous sauterait pas à l’esprit ou sur autre chose du reste. Je me réclame le droit d’exister, autant vocalement que physiquement. Je veux être Paméla Anderson ou je ne veux être rien ! Nous revendiquons notre droit eux 35 heures alors lecteurs, lisez plus vite ! Et une pause de dix minutes pour aller raconter des conneries devant la machine à café parce que, nous aussi, nous sommes des employés modèles.

Oh, c’est fini, oui ? Remets-toi au boulot et vite !

Vous, l’auteur, je ne vous ai rien demandé ! C’est peut-être vous qui écrivez (quoi que je vous accuse d’avoir un nègre que vous payez au noir) mais c’est moi qui parle.

Et tu ne fais que cela ! Tu n’es qu’une voix sortie de mon esprit. C’est moi qui pense et qui fait l’histoire. Tu es juste là pour la transmettre au lecteur…

Ah non ! Moi, je ne veux pas prendre partie ! Je ne fais que lire les mots s’enchaînant sur les pages, point final. Pourquoi aurais-je un rôle à jouer là-dedans ? Déjà que je me fais traiter d’illettré et d’autres chose de la sorte. A ce prix-là, je préfère lire Rabelais mais bon… J’ai déjà lu son œuvre donc je continue les chants de Maldoreille mais Attention ! Je vous aurai prévenu, attention !

Eh bien, partez ! Qu’est-ce que vous voulez que je vous dise ? Vous n’êtes pas à même de supporter un peu d’humour acide.

Non, je reste parce que moi, au moins, on ne me dit pas ce que je dois penser contrairement à certains.

Oh je n’aime pas le ton de cette phrase ! J’existe et je le revendique !

Ca, on peut en douter cher narrateur puisque tu ne penses pas par toi-même.

Dites tout de suite que je suis inconscient, ça ira plus vite !

Cela n’est pas impossible mais tu n’existes pas car tu n’as aucune pensée.

Moi, je n’ai aucune pensée ? Et depuis le début de ce chapitre, je fais quoi d’après vous?

Tu ne fais qu’énoncer mes pensées. Tout comme le sont mes personnages, tu es le fruit de ce récit même si tu te situes un peu plus en amont ou alors, avec ton caractère omniscient, en Amon.

Alors, je serais vous et inversement ? C’est une idée absurde et si vous croyez… JE NE SUIS QU’UN JEU SCHIZOPHRENIQUE ! Mais, arrêtez ça !

Je te prouve que tu m’appartiens. Tu dis ce que j’ai envie que tu dises, un point c’est tout.

Alors cela est amusant, vraiment…SCHIZOPHRENE ! SCHIZOPHRENE ! QUI VEUT DU SCHIZOPHRENE ? Arrêtez, c’est très désagréable! J’ai compris, maintenant. Vous n’êtes quand même pas sympathique. Si vous l’étiez, vous me donneriez au moins un nom. Du genre…Paméla. C’est bien, non ?

Non, tu t’appelleras Lavoix. C’est un nom qui te va bien, je trouve.

De qui vous moquez-vous ? Vous êtes allé piocher ça dans une facilité déconcertante et encore, la pioche ne doit pas être très abîmée. Tiens, c’est un narrateur, il parle, alors on va agglutiner « la » et « voix » et on a un nom ô combien original.

Non, je me suis seulement dit que c’est à Lavoix qu’on reconnaît son maître.

Je sens que les prochains chapitres vont être longs, mais longs…

« _ Dites-donc, vous deux, vous voulez bien vous occuper de nous? Ca fait des heures que l’on marche en attendant que vous vous mettiez d’accord. On pourrait peut-être s’en tenir là pour aujourd’hui.

_ J’avouons que j’ai les panards aussi rouges que mes esgourdes. »

Oui, ça vient, Lavoix va reprendre.

Vous n’avez pas un autre nom ? Ce n’est pas que celui-ci soit déplaisant mais il est très banal.

J’avais aussi pensé à Lenar mais il ne va pas vous plaire.

Pourquoi ne me plairait-il pas ? D’où vient ce nom ?

Eh bien, encore d’une idée. Il vient du fait que je me suis dit que Lenar a tort.

On garde Lavoix, j’aime bien. Lavoix, ça sonne magnifiquement…

« _ Maldoreille ! Sors-moi ma batte ! J’en ai deux à corriger !

_ Bien, Maître Starac. »

Non ! Non !…Aïe ! Pas sur la tête…Aïe ! Vous allez finir par me casser Lavoix ! Arrêtez de nous frapper, on continue l’histoire !

« _ Ah ! Tu vois, Maldoreille ? C’est comme pour toutes les machines du monde, quelques coups de tatanes bien placés et ça tourne rond à nouveau !

_ Impressionnant, Maître !

_ Ce n’est rien, mon père était CRS : cornard, roublard et saoûlard. »

Nos deux aventuriers continuèrent donc leur chemin face à des péripéties plus innombrables que mortelles et après cet incident dépendant de notre volonté, ils arrivèrent sur la rive d’un fleuve peu accueillant (oui, vous ne verrez pas une rivière ou un petit ruisseau vous faire coucou). Pourquoi nous cuisiner le chou-fleur à idée, me direz-vous, avec de l’eau qui s’écoule d’une montagne inepte ? Quel est le sens de la vie ? Quel est le sens de sens ? C’est insensé ? C’est sans doute le sens issu des perceptions humaines ? J’adore le flan, et vous ? L’homme est-il un flan pour l’homme ? Y aura-t-il un chapitre suivant ? Lirez-vous le chapitre suivant ? Aimez-vous les chats pîtres ? Sans doute quand les pîtres rient ? Des questions, toujours des questions ! Tournez la page plutôt!

 

Episode IV : Comment le Mat ne les a pas mis en échec (ou l’échec est Mat)

Nos deux héros pathétiques se trouvaient en face d’un des plus grands défis de leur existence (en même temps, ils n’avaient pas vécu grand-chose auparavant). Là s’étendait devant leurs yeux le bras d’honneur de la Nature, l’injustice d’un monde déjà trop injuste, l’enfer d’une terre promise à la damnation (je sais, ça veut rien dire mais ça fait poète), le crachat du Seigneur pour ceux qui n’ont pas peur d’une hépatite divine, la tâche sur le slip du globe, la mayonnaise sur le sandwich au saucisson du voyageur, bref un fleuve qui nécessitait un détour. Starac détestait les détours, les tours de dés, les dés qui se retournent et parlait aussi sans :

« _ Voilà des heures que nous faisons des tours dans cette forêt, aux alentours et autour de cette rivière, aucun chemin !

_ Maître, il y a peut-être une autre solution…

_ Arrête de tourner autour du pot sinon mon sang va ne faire qu’un tour et je vais t’en retourner une !

_ Construisons un radeau et voguons sur le fleuve.

_ Nous avons toujours un tour dans note sac ! Bien, Maldoreille, construis-nous une embarcation !

_ Mais…

_ Qu’attends-tu ? Que je te chante une ritournelle ?

_ Je n’ai pas d’outils, Maître !

_ Et alors ? Sers-toi des ongles et des dents qu’il te reste ! Allez, arrête de te tourner les pouces !

_ Cette aventure tourne mal… »

Hors donc, il arriva que Maldoreille tournait et se blessait, qu’il fraisait et se meurtrissait, qu’il coupait et se coupait, qu’il sciait et qu’il se faisait scier pour rester poli (il polissait aussi), qu’il étalait et se faisait étaler, qu’il ramassait et se ramassait, qu’il liait et se garrottait. Ce n’était pas une coquille de noix, ce bateau. Il naviguait tant père peinard sur la grande mare des canards qu’il s’appelait les Copains d’abord, les Copains d’abord…

Arrête ça ! On n’a pas les droits ! Tu es fou ou quoi ? Tu sais bien que les producteurs se font plus de blé en attaquant ceux qui chantent leur joie de vivre plutôt qu’en en donnant à travers de bons artistes !

Tu as raison… Aujourd’hui, on a le droit d’être heureux du moment qu’on ne chante pas. Encore une loi des Veaux depuis les concours de Starac. C’est aussi la raison qui poussait Maldoreille à obéir à un vieux barbon. Il s’était rendu hors-la-loi devant cette vieille barbe qui n’avait rien de bon et n’avait plus qu’à le suivre. C’était ça ou la peine de mort par l’écoute des plus grands tubes de Mirette Mateuse. Les vibrations de sa voix liquéfiaient directement le cerveau des victimes. C’était une mort particulièrement atroce, surtout quand on sait que les cerveaux se faisaient rares à Veal, tout comme les cerfs Veaux qui vivaient près du lieu des exécutions. Il valait donc mieux subir les coups de batte d’un frappadingue en quête de la médiocrité absolue. Alors, oublions la musique et replongeons-nous dans nos bons vieux livres, cette océan sympathique où nagent nettement moins de requins.

L’embarcation fut vite mise à flot grâce aux efforts de Maldoreille et aux coups de pied de Starac au derrière de son assistant larmoyant. Ses fesses en sang transformaient son assis en larmoyant plaidoyer contre l’esclavagisme. Bref, ils étaient prêts à affronter ce puissant défi qu’était l’eau, source de vie et d’ennuis pour ceux qui ne savaient pas nager comme c’était le cas de l’infortuné être difforme, ou dix formes vu le nombre de coups qui lui avaient défoncé et fait enfler tous les endroits différents de son corps. Celui-ci, noyé dans n’importe quel liquide, eau ou alcool, avait l’aisance du fer à repasser qui aurait eu l’apparence d’une passoire ressemblant elle-même à un boulet, c’est-à-dire pas grand-chose…

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